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29 janvier (Reuters) - Boeing BA.N a publié mercredi sa
première perte nette annuelle depuis 1997 et indiqué que les
coûts liés à l'interdiction de vol imposée à son 737 MAX
devraient dépasser les 18 milliards de dollars (16,4 milliards
d'euros).
Les analystes anticipaient une somme plus élevée et le titre
Boeing gagnait 2,5% dans les premiers échanges à Wall Street.
L'avionneur américain a aussi annoncé qu'il allait encore
réduire la production de son gros porteur 787 Dreamliner, son
avion le plus rentable, face à une demande réduite en raison des
tensions commerciales sino-américaines.
Boeing, qui assemble quatorze 737 Dreamliner par mois, avait
déjà ramené en octobre dernier ses prévisions de production à 12
appareils par mois pour la fin 2020. Il prévoit désormais de
produire 10 appareils par mois début 2021.
Le 737 MAX est interdit de vol dans le monde depuis mars
dernier à la suite de deux catastrophes aériennes en cinq mois,
qui ont fait 346 morts au total.
La crise pèse sur les finances du groupe et a conduit à la
démission du directeur général Dennis Muilenburg le mois
dernier.
"Nous reconnaissons qu'il y a beaucoup de travail à faire",
a déclaré le nouveau PDG, David Calhoun, dans le communiqué de
résultats.
Sur CNBC, David Calhoun a dit s'attendre à ce que le
calendrier de certification du 737 MAX soit respecté et il a
regretté le manque de transparence de la précédente direction
dans ses relations avec les compagnies aériennes.
L'avionneur a fait savoir la semaine dernière qu'il
n'espérait pas obtenir l'autorisation de remettre en service le
737 MAX avant la mi-2020, un délai revu à la hausse par rapport
à ses précédentes estimations.
"PAS D'IMPACT DURABLE DU CORONAVIRUS"
Le PDG de Boeing a également jugé que l'épidémie de
coronavirus n'aurait pas d'impact durable sur les commandes
futures de l'avionneur en Chine.
Pour 2019, le coût lié à l'immobilisation du 737 MAX a été
revu en hausse à 14,6 milliards de dollars, dont 8,3 milliards
de dollars d'indemnités aux compagnies aériennes contraintes
d'annuler des vols et de revoir les programmes d'expansion de
leurs flottes.
Boeing, qui prévoit de reprendre progressivement cette année
la production de son appareil vedette, a inscrit une charge plus
faible de 4 milliards de dollars pour 2020.
Au total, le coût de l'interdiction de vol du 737 MAX est
évalué par Boeing à 18,6 milliards de dollars, contre 8
milliards auparavant.
L'an dernier, l'avionneur a enregistré une perte nette de
636 millions de dollars contre un bénéfice net de 10,5 milliards
en 2018. Le groupe a vu fondre un quart de son chiffre
d'affaires, qui est passé de 101 milliards de dollars en 2018 à
76,6 milliards en 2019 (-24%).
Au quatrième trimestre 2019, le chiffre d'affaires s'est
élevé à 17,9 milliards de dollars contre 28,3 milliards un an
plus tôt (-37%). Les analystes attendaient en moyenne des ventes
de 21,67 milliards de dollars.
L'avionneur a subi une perte d'exploitation de 2,53
milliards de dollars, soit 2,33 dollars par action, sur les
trois derniers mois de 2019 contre un bénéfice de 3,87 milliards
un an auparavant (BPA $5,48).
Au titre du quatrième trimestre, le groupe a annoncé un free
cash flow négatif de 2,67 milliards de dollars, alors qu'il
avait été positif de 2,45 milliards un an plus tôt.
Grâce à la livraison de 863 appareils, Airbus AIR.PA a
repris l'an dernier à Boeing la place de premier constructeur
aéronautique mondial, une place qu'occupait l'américain depuis
2011.
(Ankit Ajmera à Bangalore, David Shepardson à Washington et Tim
Hepher à Seattle
version française Bertrand Boucey et Jean-Stéphane Brosse)
Boeing dans le rouge pour la première fois depuis 1997
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